Mon départ vers Fuerteventura
Jeudi 26 septembre
Ça fait un an que je me prépare pour ça. C’est normal d’être nerveuse c’est la première fois que je pars seule. Je vais y aller une étape à la fois. Ça va aller.
J’ai appris à m’autocoacher cette année (me guider et m’encourager moi-même pour atteindre mes objectifs). D’ailleurs, c’est moi qui ai planifié chaque semaine de mon entrainement vers le Marathon des sables.
J’ai aussi compris que je devais apprendre à rationaliser ce qui se passe dans ma tête et mon corps tout en étant à l’écoute de mes émotions sans tomber dans mon tourbillon d’anxiété et de peur. J’ai appris à voir les choses autrement. À arrêter de croire aux scénarios soigneusement inventés par ma tête (qui de toute manière ne se passent jamais comme prévu).
Cette année, j’ai appris à m’apprivoiser.
Prendre les choses comme elles se présentent et les gérer en temps et lieu parce que je suis bien préparée.
La planification, c’est une clé importante pour moi. C’est la clé qui ouvre les portes de mes aventures.
Embarquement vers Londres. Vol de nuit. Je vais essayer de dormir un peu…
Bon on sait tous que je n’ai presque pas fermé l’œil. Je me sens encore tout à l’envers. Je ne suis pas certaine si j’ai envie de pleurer, de paniquer ou de sortir de l’avion par la porte de sortie de secours. Je ferme mes yeux et je respire. Je vais méditer pour revenir ici et maintenant et surtout, reconnecter avec la partie de mon cerveau qui sait très bien que je peux y arriver. Je peux y arriver.
Décollage. Aller courage.
Vendredi 27 septembre
Arrivée à Londres 7 heures plus tard. Je vais prendre un café pour essayer de sortir du brouillard. Mon prochain vol est en retard de 3 heures. Ça, ce n’était pas prévu. Je dois donc passer 5 heures ici. Je vais explorer un peu et me reposer…rien d’autre à faire.
Embarquement vers Fuerteventura. Bon je me sens un peu mieux malgré que j’avoue que j’ai hâte d’arriver à destination. À cause du retard de mon vol, je vais arriver vers 21h. Il fera noir. Ça non plus ce n’était pas prévu.
Arrivée à Fuerteventura 4 heures plus tard. Je trouve un taxi et j’espère que c’est un chauffeur gentil et non un tueur en série. La seule chose que je vois au loin est des montagnes. Je me dis que c’est ça que je vais monter. C’est assez impressionnant.
Tout va bien, j’arrive donc à l’hôtel en un morceau (merci chauffeur gentil) et prend la direction de ma chambre. C’est là que ça s’est gâché ou du moins, que j’ai craqué.
Arrivée dans ma chambre, j’ai été prise par un moment de panique généralisée lorsque j’ai réalisé que j’étais vraiment seule et que j’allais participer à une course de 4 jours dans le désert en autosuffisance en portant tout mon matériel et ma nourriture dans mon sac à dos.
C’EST QUOI CETTE FOLIE! ES-TU SÉRIEUSE!
Quand la réalité te frappe au visage. Ça fait mal…et peur.
C’est à ce moment-là que j’ai commencé à douter et à entendre tous les commentaires que j’avais reçus au sujet de ce projet. Exemples: Voyons, c’est de la torture, tu ne tolères même pas la chaleur..tu veux mourir ou quoi? Tu niaises là ? Faudrait qu’on me paye pour faire ça et même à ça, je dirais non.
Parfois, les gens ne veulent pas mal faire, mais ils arrivent quand même à dire des mots qui restent gravés dans notre esprit.
Je m’effondre en larmes. Le stress de toute la dernière année sort d’un seul coup.
Les chutes du Niagara à Fuerteventura.
J’appelle mon chum. Je lui dis que je veux rentrer à la maison. Que tout ça était une erreur. Que je ne suis pas faite pour ça. Il m’écoute. Il me dit d’essayer de dormir comme je n’ai pas dormi beaucoup et de l’appeler demain. Que ça irait mieux demain. Je sais qu’il a raison.
Je raccroche. Mais, ça ne va pas mieux.
Je veux partir dès demain matin (à noter ici que mon cerveau ne réfléchissait plus de manière normale sûrement un effet du décalage horaire). J’écris à ma grande sœur parce qu’elle sait comme personne comment me rassurer. Elle sait quoi me dire. Ça fonctionne à tout coup. Je ne sais pas comment elle fait (je soupçonne un peu de magie ici). Je m’endors paisiblement après notre conversation.
Samedi 28 septembre
Je me réveille le lendemain et ça va mieux. HOURRA ! J’ouvre les rideaux et je vois enfin le décor paradisiaque où je me trouve. Une petite story sur Instagram pour montrer ce paysage à tout le monde parce que je suis si fière d’être ici. Changement d’état d’âme assez surprenant oui je sais.
Oh que ça n’a pas été facile, mais j’y suis. Enfin !
Ça commence! L’excitation embarque. Je vais vraiment le faire. Après un an d’entrainement et de planification minutieuse, je suis à quelques heures de commencer mon parcours vers mon objectif.
Je suis prête à aller rencontrer les participants qui sont tous aussi fous et folles que moi et à changer de chambre! En effet, pour les 2 prochaines nuits, je vais cohabiter avec 3 autres participantes.
Que le plaisir commence !
Mais avant tout, je veux aller voir la mer !



